Tag Archives: Vent

Aventures en Côte d’Ivoire

Comme mentionné dans un précédent article, R-Pod s’est aventuré en Côte d’Ivoire du 21 au 31 octobre. Les trois objectifs principaux de la mission étaient les suivants :

  1. Evaluer la faisabilité de cartographier de la forêt dense sempervirente
  2. Déterminer les limites d’utilisation sur le terrain, les contraintes environnementales et techniques liées au climat
  3. Montrer les applications en milieux non-forestiers (savanes, cultures, plantations, villages)

Réflexion sur le Parc National de Tai :

Initialement, il était prévu de se rendre au Parc National (PN) de Tai pour des tests sur une forêt dense. Ce PN ne comporte actuellement que peu de zones couvertes par les images satellitaires, car des nuages y sont présents quasiment en permanence. La cartographie (pour les botanistes par exemple) est ainsi très limitée. Le chalenge résidait dans la capacité du système à assembler des images ne comportant que de la forêt, mais aussi de voler plusieurs jours dans des conditions d’autosuffisance. Ceci avec tous les problèmes pratiques que cela comporte.

Après réflexion avec les différents partenaires du projet in situ, il s’est avéré qu’il était risqué de se rendre à Tai, étant donné la distance à parcourir  et le peu de temps à disposition. Si la météo n’était pas clémente sur place, le risque de ne pas pouvoir effectuer tous les tests nécessaires était trop élevé. De plus, les partenaires étaient également intéressés de connaître la potentiel d’R-Pod dans d’autres milieux (savane, forêt marécageuse, zone urbaine…). Le PN du Banco, situé en plein cœur d’Abidjan a ainsi été choisi comme substitut à Tai. La végétation du Banco est également dense, et est située à moins de 30 minutes du CSRS (Centre Suisse de Recherches Scientifiques), le « QG » d’R-Pod pour cette mission.

Sites étudiés et chronologie des recherches:

Centre National de Floristique à Cocody

Lors d’un premier vol au Nord du Parc du Banco, l’évaluation de l’état d’avancement de l’occupation humaine dans une bande de terrain (env. 100m de large) a pu être visualisée. Cette zone, déboisée pour le passage de lignes haute tension, est occupée (illégalement?) principalement par des garagistes réparant les taxis d’Abidjan. Dans la foulée, et dans le but de réaliser un inventaire cartographique du jardin botanique, le Centre National de Floristique, à Cocody (Abidjan), était survolé en quelques minutes. La Parc National d’Azagny fut le premier test en forêt dense. Ce vol remis les pieds sur terre à toute l’équipe quant aux espoirs de cartographier de la forêt, puisque le décollage et l’atterrissage étaient de vrais slaloms pour l’aile. En effet, le décollage eu lieu depuis une petite clairière entre les arbres de 30m de haut… Pour couronner le tout, les images, pourtant acquises à moins de 300 m s/sol étaient à moitié couvertes de nuages !

Occupation humaine sous les lignes HT, au Nord-Est du Parc du Banco

La forêt de la Tanoé située vers Nouamou (Sud-Est du pays, à 50km du Ghana) a par la suite servit de zone test en ce qui concerne la forêt de type marécageuse. L’assemblage, en particulier pour les cultures de palmiers à huile n’a pas posé de problème particulier. La forêt non-plus, étant donné qu’elle n’était pas spécifiquement dense.

Cultures de palmiers à huile et forêt marécageuse à proximité de Nouamou (fausses couleurs)

Pour la zone de savane, la réserve de Lamto a été retenue. Lors de ce vol, R-Pod est revenu avec le moteur arraché et l’aile abimée. Après avoir réparé à Abidjan, une série de vols selon différents paramètres (hauteur, recouvrement latéral/longitudinal) au-dessus du Banco a été réalisée. Le but était dans un premier temps d’effectuer si possible un assemblage automatique via le logiciel Pix4D. Pour terminer en beauté le séjour, le village d’Adiopodoumé à proximité d’Abidjan était survolé afin de fournir des images de zones urbaines.

Échantillon de la Réserve de Lamto, avec le Centre Français de Recherches

Premiers résultats :

Pour les botanistes qui vont travailler par la suite sur les clichés, la qualité des images brutes en forêt dense est suffisamment détaillée pour identifier les objets à cartographier (types d’arbres, couronnes et ouvertures). L’interprétation automatisée serait même envisageable pour certaines espèces.

Assemblage images fausses couleurs, 75% recouvrement latéral, PN Banco

Bien entendu, vu le couvert végétal, il est impossible d’utiliser ni des points de contrôle, ni des points d’appui pour le bloc. La confiance en l’assemblage automatique, via la recherche automatisée de points d’intérêts sur les images, est ainsi contrainte à 100%. Le tout en augmentant significativement la hauteur de vol et le recouvrement latéral par rapport aux « standards » des zones non-forestières (80% longitudinal et 50% latéral). Au final, il a été constaté que l’assemblage pouvait fonctionner avec par exemple 90% de longitudinal et 80% de latéral à 270 m s/sol (taille de pixel au sol de 10cm). Latéralement, il est possible de diminuer le pourcentage à 75%, pour autant d’augmenter significativement la hauteur (400m s/sol).

Concernant les limites du système en forêt, la surface couverte est trop réduite dans la plupart des cas. En effet, il est souvent difficile d’accéder à une zone de forêt et le rayon d’action utilisé (1-2 km) est souvent insuffisant. Ensuite, malgré que l’assemblage automatique soit envisageable dans certains cas, le calcul du MNS est difficile. Ainsi, les images subissent des déformations inadéquates et l’orthomosaïque (théoriquement une « true orthophoto ») en subit directement les conséquences. Le décollage et l’atterrissage est évidement déconseillé depuis le cœur de la forêt, même si ce fût une expérience fructueuse à Asagny. Un autre constat est que la couverture nuageuse est souvent présente déjà à 200-250 m s/sol. La période de l’année n’était pas non-plus optimale concernant les nuages.

Les rapaces sont particulièrement agressifs dans ce pays, et le problème survenu dans la savane n’est pas un cas isolé. R-Pod a parfois donc été rapatrié promptement car des milans allaient directement au contact de l’aile. Par contre, de manière générale, la technologie était toujours robuste. Même avec le moteur arraché et un morceau d’aile découpé, l’aile a pu revenir sur son point de décollage et atterrir. Après avoir réparé avec les moyens du bord, plus de 10 vols dans des conditions difficiles (vent) ont été effectués sans aucun problème.

Concernant l’application dans les milieux non-forestiers, le système était comme prévu excellent. Aucun problème n’a été constaté par rapport à notre expérience en Suisse, hormis le vent quasi permanent et les arbres d’une autre dimension! R-Pod a pu démontrer l’utilité et l’efficacité du concept dans toutes les situations.

Un grand merci à toutes les personnes ayant initiées et collaborées avant et pendant la mission hors du commun, tout particulièrement: Cyrille Chatelain (Jardin botanique Ville de Genève), Adama Bakayoko, Jean Kouamé Kan (Universités Adjamé, Cocody) et tous ceux qui ont accompagnés R-Pod durant 10 jours…

Note : Financement Projet CSRS-PNUD2/ Projet de Renforcement du partenariat Scientifique Ivoiro-Suisse

Entre Éole et Hélios, il faut choisir…

Non, il ne s’agit pas d’un cours sur les énergies renouvelables, mais du choix délicat du photogrammètre en ce mois de mai agité. Tôt le matin, il n’y a pas trop d’air, mais pas assez de lumière; plus tard dans la journée, il y a plus de lumière, mais trop de vent! Comme un satellite de télédétection, le choix a été fixé à 9h45 (heure locale cependant, pas l’heure solaire locale des satellites…).

Le lieu était symbolique: après le Palais Fédéral, le Château St-Maire, siège du gouvernement vaudois. Le but était de faire un comparatif avec l’Asctec Falcon 8 d’Olivier Feihl (Archeotech). Plutôt qu’une comparaison des produits, il s’agissait de voir comment ils peuvent se compléter. Les conditions étaient peu propices, mais compte tenu des prévisions de ces prochains jours, il fallait y aller!

Le résultat est d’autant plus satisfaisant: de belles images nettes et parfaitement équilibrées d’une colline riche en beaux bâtiments.

Château St-Maire (200m s/sol)

Château St-Maire (150m s/sol)

Quartier de la Cité

Palais de Rumine

A day at RSL – Uni ZH

FCIR orthomosaic, 20cm GSD (original: 5cm)

For once, a post in English. Today was special day: back to Zurich, place of great memories. The objective was a conference organised for RSL students and collaborators, including a flight above the Irchel Park with our new FCIR camera for remote sensing purposes. The weather forecast looked great, yet with a fair bit of wind. Just in case, I travelled to Zurich (of course by train) two hours earlier than initially planned. Off the train, off the tram 14 and here we go: first flight successful, 95 images of decent quality. Post-processing is launched before lunch. Having a coffee outside, we notice that the wind is increasing and it will be “just” feasible.

The conference has started and we soon go out for the “live demo”. It is an unequal battle between a 500 g UAV and a now well established wind from the North. After a succession of “strong wind” warnings, I decide to land, in a quite lucky spiral (head wind for the touchdown). The deception is smoothen by the images of the morning.
Lire la suite »

Envol dans la nouvelle année

Histoire de célébrer correctement 2012 et le retour du soleil, il fallait quelque chose de différent: le décollage depuis l’étage K du bâtiment de la route de Cheseaux. Outre le côté spectaculaire, cette position a plusieurs avantages: logistique super simple, visibilité parfaite sur 360° et site propre.

Un petit stress quand même pour ce premier vol depuis le 19 décembre (une des plus longues interruptions dans l’histoire de R-Pod) et confiance totale dans le matériel et le logiciel nécessaire.

Trajectoire depuis le toit, merci à MM. Gysler, Urfer et Staub pour la maquette de l'école


Lire la suite »

Record d’altitude… et de vent!

Lundi 4 juillet était agendé pour une nouvelle confrontation avec un terrain magnifique mais rigoureux, les Rochers-de-Naye. Le but était de générer une morphologie fine pour une application botanique du LaSIG (EPFL) et de l’Uni de Neuchâtel.

Les conditions étaient bonnes: beau temps, un peu voilé et vent faible à modéré. Après être montée en train, l’aile a pris son envol et a atteint son altitude record: 2236 m s/mer (ou 250 m s/sol). Le vent à cette altitude était plutôt modéré que faible et notre brave petite aile devait batailler avec  7 m/s ou 25 km/h. Un bon échantillon étant acquis (selon deux plans de vol différent), il était temps de rentrer tout le matériel avant de faire le vol de trop.

Deux trajectoires couvrant la zone d'intérêt principale

Et tout ça, sans déranger les marmottes qui prenaient le soleil dans leur enclos.

Exercice de style

Ce premier jour de l’été était l’occasion pour un exercice de style un peu particulier: de 0 à 100 photos en un temps record. Après l’échec mortifiant de la veille (vent forcissant de minute en minute obligeant à interrompre deux chantiers), le but était de tester la capacité de mobilisation de deux équipes crées sur le champ. Et ça a fonctionné: moins d’une heure après le “START”, les deux équipes avaient rempli leur mission respective, 106 photos à Sergey pour Rémi et Adrien-Patrick, 298 photos à Yverdon-ouest pour Nicolas et Kevin. L’évolution du temps donnait raison d’avoir brusqué les choses puisque le vent se levait de minute en minute.

Cliquez sur l'image pour une information actuelle


C’est une autre force du système: la possibilité d’être opérationnel en un temps record. Une aile, un laptop, un plan de vol, un véhicule et c’est parti, pas besoin de plus!